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Une vision renouvelée du vitrail

Publié le 10 février 2017 Mis à jour le 14 février 2017
Paris, Chapelle de la Compassion
Paris, Chapelle de la Compassion
Date(s)

le 10 février 2017

Un texte de La Minute Recherche. Les idées reçues ont la vie dure : l’histoire de l’art continue à placer la peinture au premier rang des Beaux-Arts et le vitrail parmi les arts mineurs ; la légende veut qu’il soit un art médiéval.

Après un prétendu apogée au XIIIe siècle, âge des cathédrales gothiques, il aurait décliné jusqu’à une imaginaire décadence au XVIe siècle, imputée à l’emploi de peintures vitrifiables, les émaux, et à une soumission à la peinture de chevalet…

L’ouvrage collectif, rassemblant plus de 14 spécialistes, et présenté par Michel Hérold et Véronique David, offre une vision renouvelée et actualisée des travaux sur le vitrail en intégrant les dernières recherches en date. Les résultats de l’entreprise sont stimulants. Il est certain, grâce aux découvertes archéologiques, que les premiers vitraux – verres colorés sertis dans une résille de plomb – remontent au Ve siècle. Aussi brillantes que les vitraux romans et gothiques, les verrières du XVIe siècle, véritables retables de verre, forment l’autre volet de la peinture monumentale et reflètent par leurs thèmes la pensée théologique de leurs temps troublés. Ainsi, tour à tour, les vingt essais de cet ouvrage redéfinissent la place du vitrail de l’époque médiévale à l’époque moderne. On y trouvera par exemple un essai abordant la question d’une prétendue redécouverte de la peinture sur verre au XIXe siècle, dont les « secrets », ironisait Flaubert, « en étaient perdus » ; un autre, sa renaissance à l’ère industrielle. L’Art Nouveau n’est pas oublié, non plus que le vitrail contemporain, avec ses grands noms : Braque, Chagall, Vieira da Silva, Sarkis. La réussite de cet ouvrage tient aussi à la qualité des illustrations et à leurs nouveaux angles de prise de vue.

Cet ouvrage collectif, fruit des dernières recherches, remet ainsi non seulement le vitrail à sa vraie place, l’égale de la peinture, mais encore révèle au grand public la richesse des vitraux produits à d’autres périodes de l’histoire.

Un résumé de Laurence Riviale, Maître de conférences en Histoire de l’art moderne, membre du Centre d’histoire "Espaces et Cultures" (CHEC).

Référence : Michel Hérold et Véronique David (dir.), Vitrail, Ve-XXIe siècle, Paris, CMN, 2014, 592 p., 600 ill. en couleur.

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