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Fait-il vraiment bon vivre en petites et moyennes villes ?

Publié le 1 mars 2018 Mis à jour le 1 mars 2018

Un texte de la Minute Recherche par Hélène Mainet et Jean-Charles Edouard (UMR Territoires). « Ville à la campagne », « ville à taille humaine », « ville où il fait bon vivre »… les expressions vantant la qualité de vie sont largement utilisées dans la promotion territoriale des petites et moyennes villes...

« Ville à la campagne », « ville à taille humaine », « ville où il fait bon vivre »… les expressions vantant la qualité de vie sont largement utilisées dans la promotion territoriale des petites et moyennes villes. Dans le même temps, des services publics ferment et certains cœurs de villes dépérissent (commerces fermés, panneaux « à vendre » sur les façades des maisons). Le décalage est-il si grand entre images et réalités ?
A l’heure où la désindustrialisation oblige les acteurs locaux à repenser les modèles classiques de développement basés sur l’économie productive et l’accueil d’entreprises et où la mobilité des ménages permet de diversifier les formes d’attractivité (essor de l’économie résidentielle), la qualité de vie est de plus en plus utilisée dans la valorisation des territoires. Dans ce contexte concurrentiel, la place des petites et moyennes villes est paradoxale et contrastée. Elles font partie des territoires qui bénéficient d’images plutôt bonnes en matière de qualité de vie et leurs acteurs valorisent largement ces images mais elles sont confrontées aux logiques de concentration dans les villes plus importantes (métropolisation).

Plusieurs approches méthodologiques sont mises en œuvre dans les recherches : analyses d’images et de discours, enquêtes auprès d’habitants et d’acteurs locaux, analyse de dispositifs opérationnels mis en place dans ces villes (Agenda 21 locaux, réseaux des Villes-Santé et Cittaslow, le réseau international des villes du bien-vivre).
Il ressort que si la qualité de vie est très présente et idéalisée dans les représentations des habitants des petites villes (tranquillité, proximité spatiale et sociale, environnement « naturel » et « protégé »), elle entre relativement peu en compte dans les moteurs de la mobilité résidentielle. La proximité/accessibilité à l’emploi est le facteur prépondérant de choix du lieu de résidence. La qualité de vie constitue malgré tout le « petit plus » qui influence les arbitrages familiaux.
De même, si la qualité de vie est largement valorisée pour promouvoir les petites et moyennes villes, la réalité des démarches d’amélioration de la qualité de vie et de développement durable mises en place est plus ambigüe. Les petites villes disposent d’un potentiel réel mais fragilisé et les initiatives vraiment transversales et suivies sont finalement assez rares. Les acteurs, même lorsqu’ils en ont la volonté, sont confrontés à des enjeux d’ingénierie (insuffisance de personnels formés) et de moyens financiers.