Publié le 11 mai 2026 Mis à jour le 11 mai 2026

Nous avons appris avec tristesse le décès de Pierre Pascallon qui fût professeur à la faculté de Sciences économiques et de Gestion de 1970 à 2009.

Né à Gap, il a fait ses études d’économie à Aix-en-Provence où il a reçu un prix de thèse. A partir de 1967, il a été chargé de cours à la faculté de Sciences économiques et de Gestion de Clermont-Ferrand où il est devenu professeur en 1970 après sa réussite au concours d’agrégation. Il a été vice-président de l’université avant la scission de celle-ci en 1976.

Passionné par les débats d’idées et par la théorie économique, il pouvait parler de façon approfondie de sujets très divers et les situer dans une perspective historique et géopolitique. Tout au long de sa carrière, il a cherché à illustrer ses analyses théoriques par des exemples concrets, publiant aussi bien sur l’offre de monnaie que sur l’élevage en Auvergne.

Il a proposé un cours de première année qui a profondément marqué des générations d’étudiants par sa richesse, sa profondeur et par la diversité des thèmes traités. Ses séminaires de théorie économique en DEA (ex master recherche) étaient également très appréciés des étudiants en raison de leur niveau et de l’acuité des débats qu’ils généraient.


Ses qualités pédagogiques et sa disponibilité l’ont rendu très populaire. Ses étudiants admiraient aussi sa grande culture économique, ne se limitant pas à une spécialité. Il pouvait évoquer Aristote comme François Perroux dont il était un fervent admirateur.

Ses centres d’intérêt en matière de recherche ont d’abord concerné la monnaie. L’un de ses premiers ouvrages, publié en 1974, s’intitule Monnaie et Equilibre. Il s’est ensuite intéressé à l’intégration de la théorie monétaire à la théorie subjective de la valeur puis au Système monétaire international. Il a dirigé de nombreuses thèses dans ce domaine. Dans le même temps, il a travaillé sur la planification.

Ses travaux se sont élargis aux questions de développement territorial. Il a organisé plusieurs colloques sur ce sujet à la faculté de Sciences économiques et de Gestion, avec le souci constant d’expliquer comment la théorie économique pouvait aussi éclairer les débats sur des problèmes locaux. C’est ce qui l’a conduit par exemple à demander à un auditoire un peu perplexe si l’entrepreneur auvergnat était schumpétérien. Mais bien sûr, il apportait des réponses d’autant plus étayées que ses connaissances couvraient une très large palette.

A partir de la fin des années 1980, et malgré des mandats électoraux particulièrement prenants (maire d’Issoire de 1989 à 2008, conseiller général du Puy-de-Dôme de 1992 à 2004, député de la 4e circosncription de ce département de 1993 à 1997), il a poursuivi ses recherches et un rythme intense de publication dans les domaines de l’intelligence économique et de la défense. Quelle défense pour la France, la dissuasion nucléaire française, les interventions extérieures de l’armée française, l’Alliance atlantique et l’OTAN, le terrorisme international, sont autant de sujets dont il a compris très tôt l’intérêt. Ainsi, dès 1997 il a organisé un forum sur l’intelligence économique. Il s’est intéressé au début des années 2000 à la politique de sécurité de la France en Afrique, à la politique de défense européenne et aux drones, entre autres sujets.

Son dernier ouvrage, Sommes-nous condamnés à une France fracturée ? a été publié en avril 2026.
Travailleur acharné, ayant toujours des projets, il a publié un très grand nombre d’articles et d’ouvrages qui ont saisi des enjeux internationaux, nationaux et régionaux essentiels.

L’Université Clermont Auvergne et ses collègues de l’Ecole d’économie présentent à sa fille, ses petits-enfants et l’ensemble de sa famille leur plus sincères condoléances et leur reconnaissance à l’égard de celui qui fut un grand professeur.


 

Mary-Françoise Renard
Professeure émérite d’économie à l’UCA