Cet espace contient des informations à propos des VSS (Violences Sexistes et Sexuelles) à destination des personnes qui le souhaitent et donne des précisions sur les formes qu’elles peuvent prendre, sur leur impact et sur leur contexte d’apparition. Il s’adresse également aux victimes et aux témoins de violences sexistes et sexuelles en leur proposant un ensemble de conseils et de ressources afin d’aider à la résolution de ces situations.

1. Reconnaitre le sexisme


Le sexisme peut être défini comme une attitude discriminatoire fondée sur le genre ou l'identité de genre, généralement portée par l’idée sous-jacente d’une infériorité du genre féminin par rapport au genre masculin. Les femmes ne sont pas les seules victimes du sexisme, bien qu'elles soient majoritairement concernées. Les hommes peuvent l'être également.
Cette forme de discrimination peut se manifester par des attitudes explicitement hostiles (préjugés, violences sexistes et sexuelles, etc.), ou de manière plus implicite et subtile, voire bienveillante.
Comment se manifeste le sexisme ? 
 
Le sexisme hostile

“Les hommes ne savent faire qu’une chose à la fois”
“Tu comprends jamais rien, une vraie blonde”
“Il faut les compétences d’un homme pour ce poste”


Le sexisme hostile se manifeste par une attitude explicitement négative à l’égard d’une personne en raison de son sexe. Cette forme de sexisme peut se manifester par exemple par des inégalités de traitements entre les femmes et les hommes (écarts de salaire, plafond de verre), des préjugés, des remarques et blagues sexistes, mais également à travers des violences sexistes et sexuelles ⇒ insérer le lien vers “RUBRIQUE N2: les principales violences sexistes et sexuelles”.

Le sexisme subtil

“Faut pas lui parler aujourd’hui elle est super pénible. À mon avis elle a ses règles”
"Pleure pas mon grand, t'es un homme”
“ - M**de ! C’est pas beau dans la bouche d’une femme ! ”


Le sexisme peut prendre des formes beaucoup plus subtiles et donc plus difficiles à identifier. Ce sont généralement des remarques et des comportements en apparence anodins, qui s'enracinent dans les stéréotypes profondément ancrés dans nos sociétés, attribuant à chacun des sexes des caractéristiques spécifiques (les femmes sont plus à l’écoute que les hommes mais ne savent pas garer leur voiture).
Cette forme de sexisme est très banalisée.

Panneau indiquant les toilettes dans l’aéroport d’Orly (2013)

Le sexisme bienveillant

“Posez ce carton Mélanie, vous allez vous blesser ! Donner le à Henri plutôt !”
Les femmes sont quand même plus à l'écoute que les hommes. Ça se ressent dans leur façon d'enseigner.
“J’ai plus facilement tendance à confier mes enfants à des femmes, elles ont une fibre maternelle bien plus développée”

Définition

Le sexisme bienveillant s'exprime par “une attitude subjectivement positive, qui décrit les femmes comme des créatures pures, qui doivent être protégées et adorées par les hommes, et dont l’amour est nécessaire à ces derniers pour qu’ils se sentent complets”
Il s'agit par exemple de tenir des propos valorisants sur la capacité des femmes à s’occuper des enfants, ou encore de régler systématiquement pour elles l’addition au restaurant. Le sexisme bienveillant est en fait étroitement lié à la galanterie, définie comme une courtoisie empressée à l’égard de femmes.
Cette forme de sexisme est plus insidieuse car elle n’est pas forcément considérée comme une attitude discriminante à l'égard des femmes (Barreto & Ellemers, 2005). Les femmes sont d’ailleurs tout aussi susceptibles que les hommes d’avoir des attitudes de sexisme bienveillant et peuvent même le percevoir comme une attitude flatteuse (Glick & Fiske, 2001).
Le sexisme bienveillant n’en reste pas moins problématique. Ces comportements, en apparence non discriminants, peuvent en effet avoir de nombreuses répercussions négatives sur les femmes qui en font l’objet. Cela peut leur renvoyer l’idée qu’elles sont moins compétentes que les hommes, qu’elles sont plus vulnérables et qu'elles doivent être protégées par ces derniers. Cela peut, à terme, diminuer leur estime de soi.

SARLET Marie, DARDENNE Benoit, « Le sexisme bienveillant comme processus de maintien des inégalités sociales entre les genres », L’Année psychologique, 2012/3 (Vol. 112), p. 435-463. DOI : 10.3917/anpsy.123.0435. URL : https://www.cairn.info/revue-l-annee-psychologique1-2012-3-page-435.htm 

Les effets du sexisme bienveillant sur la responsabilisation d’une victime de violences sexistes et sexuelles ?

Il a été montré que les personnes à haut niveau de sexisme bienveillant, c’est à dire ayant tendance à valoriser les caractéristiques présumées des femmes, avait tendance à blâmer plus facilement une victime d’agression sexuelle. Cette réaction serait dû au fait que les femmes ayant subi des agressions sexuelles ne correspondent plus tout à fait à la norme “de pureté” socialement valorisée dans le sexisme bienveillant, ce qui engendrerait des attitudes négatives à leur égard.
Étude de Abrams, Viki, Masser et Bonher (2003)


Le sexisme est une porte d’entrée des violences sexistes et sexuelles . Les milieux dans lesquels le sexisme s’exprime le plus sont aussi les plus concernés par les violences sexistes et sexuelles. Ce sont des phénomènes qui ont été mis en évidence dans certains parcours d’enseignement supérieur ou milieux professionnels dans lesquels les femmes sont minoritaires.
Rapport HCE, 2022

2. Les principales violences sexistes et sexuelles

2.1 Les violences sexistes et sexuelles : qu’est ce que c’est ?


Les violences sexistes et sexuelles (VSS) peuvent être définies comme des propos ou des comportements qui visent le sexe, l’orientation sexuelle, ou l’identité de genre d’une personne. Elles s'expriment tant dans le milieu professionnel que dans les lieux publics ou dans la sphère privée.
 

Ces violences sont parfois banalisées et minimisées. Pourtant, aucune tenue, aucun comportement ni aucune situation ne peut justifier des actes de violences sexistes et sexuelles. Les victimes ne sont jamais responsables des violences qu’elles subissent.

2.2 Comment se manifestent les violences sexistes et sexuelles ?

Agissement sexiste

"Il fait des remarques ou des blagues sur les femmes"
"Elle n'a pas voulu travailler avec moi car je suis une femme"

 

Article L.1142-2-1 du Code du travail : 
« Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d'une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »

L’agissement sexiste peut prendre différentes formes. Il peut s’agir par exemple :

  • de critiquer une personne car elle n’est pas assez féminine, ou pas assez virile. Exemple : “Tu aurais pu faire un effort pour la réunion et mettre une robe”
  • d’adopter des attitudes hostiles (discrimination) envers une personne en raison de son sexe. Exemple : Rabaisser une personne en faisant référence à son sexe; Refuser de saluer les femmes ou de travailler avec elles.
  • de faire des remarques ou des blagues sexistes. Exemple : ”Les femmes c’est mieux à la maison qu’au travail”; “Les hommes ne peuvent faire qu’une chose à la fois”
  • de fragiliser le sentiment de compétences d’une personne en raison de son sexe. Exemple : “On ne peut pas compter sur les femmes pour ce type de tâche, il vaut mieux demander à un homme si on veut gagner du temps”


Le sexisme peut prendre la forme d’une attitude ouvertement hostile à l’égard des femmes (sexisme hostile) mais peut également apparaître de façon plus masquée (sexisme subtil), voire bienveillante [ INSÉRER UN LIEN VERS “ Comment se manifeste le sexisme ?”].

Outrage sexiste

"Il a fait une remarque déplacée sur ma poitrine"
"Elle fait des remarques désobligeantes à propos des personnes homosexuelles"


 

Article 621‑1 du Code pénal : 
« Constitue un outrage sexiste le fait (...) d’imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste ou à raison du sexe ou de l’orientation sexuelle, réelle ou supposée, qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit créé à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.”

L’outrage sexiste peut donc se manifester à travers :
  • des remarques déplacées à caractères sexistes ou sexuels. Exemple : Des remarques sur la tenu ou les formes d’une personne; Des propositions à caractère sexuelle; Des commentaires désobligeants sur l’orientation sexuelle d’une personne
  • des comportements à caractères sexistes ou sexuels. Exemple : Mimer un geste à connotation sexuelle, siffler une personne; Regarder quelqu’un avec insistance (déshabiller du regard); Suivre quelqu’un dans la rue
L’outrage sexiste n’est que ponctuel. Lorsqu’il y a répétition du comportement, on parle alors de harcèlement sexuel (lien vers le harcèlement sexuel)
© Information Violences Sexuelles (violences-sexuelles.info)
Injure non publique à caractère sexuel et/ou sexiste

"Il a tenu des propos injurieux à propos des personnes homosexuelles"
"Elle m'a injurié en raison de mon sexe"

 

Article R624-4 du Code pénal :
« L'injure non publique commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, ou de leur orientation sexuelle est punie de l’amende prévue par les contraventions de la 4e classe (750 € d’amende maximum). »

Diffusion de messages contraires à la décence

“Il affiche des calendriers ou des images à caractère pornographique dans les locaux”


 

Article R 624-2 du Code pénal : 
« Le fait de diffuser dans des lieux publics des messages contraires à la décence est puni de l’amende prévue par les contraventions de 4e classe (750 € d’amende maximum). » « Est puni de la même peine le fait, sans demande préalable du destinataire, d’envoyer ou de distribuer à domicile de tels messages. »

Exhibition sexuelle

"Elle s'est déshabillé devant moi"
"Il se met torse nu au travail"

Article 222-32 du Code pénal :
« L'exhibition sexuelle est un comportement consistant à montrer tout ou partie de son corps dénudé, dans un lieu public ou privé mais accessible à la vue du public, de façon délibérée ou relevant de la simple négligence. »

Captation/Diffusion d'images impudiques

"Il a pris une photo par dessous ma jupe"
"Elle a fait un montage à caractère pornographique me concernant qu'il a fait circuler à mes collègues"

 

Article 226-1 du Code pénal  : 
« [Est puni] le fait, au moyen d’un procédé quelconque, de porter volontairement atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui :
- en captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ;
- en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé. »

 
Article 226-2-1 du Code pénal :
Est puni des mêmes peines le fait, en l'absence d'accord de la personne pour la diffusion, de porter à la connaissance du public ou d'un tiers tout enregistrement ou tout document portant sur des paroles ou des images présentant un caractère sexuel, obtenu, avec le consentement exprès ou présumé de la personne ou par elle-même, à l'aide de l'un des actes prévus à l'article 226-1.

 
Article 226-3-1 du Code pénal :
«Le fait d'user de tout moyen afin d'apercevoir les parties intimes d'une personne que celle-ci, du fait de son habillement ou de sa présence dans un lieu clos, a caché à la vue des tiers, lorsqu'il est commis à l'insu ou sans le consentement de la personne, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.»
Harcèlement sexuel et harcèlement sexuel assimilé

"Elle me fait régulièrement des remarques à connotation sexuelle"
"Il m'a proposé une promotion en échange d'un acte sexuel de ma part"
 

Le Code pénal français distingue deux modalités de harcèlement sexuel : le harcèlement sexuel et le harcèlement sexuel assimilé.
 

Harcèlement sexuel

 

“Elle me fait régulièrement des remarques à connotation sexuelle”
“Il me fait des propositions sexuelles insistantes”
 

Article 222-33 I du Code pénal, issu de la loi du 6 août 2012 :
« Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. » Le harcèlement sexuel repose sur la répétition de propos ou comportements à connotation sexuelle. Un seul acte ne suffit pas. La condition de répétition est essentielle pour caractériser le délit.

Ce qui distingue le harcèlement sexuel de l’outrage sexiste, c’est donc bien cette notion de répétition !
Les actes qui peuvent rentrer dans le cadre du harcèlement sexuel lorsqu’ils sont répétés peuvent prendre la forme :

  • de compliments et de remarques sur l’apparence de la personne
  • de propositions de natures sexuelles insistantes, ou d’une drague lourde
  • d’un comportement intrusif (proximité physique, contacts physiques, etc.)
  • de regards insistants (“déshabiller du regard”)
  • de gestes ou de bruits obscènes (par exemple mimer un geste à caractère sexuel, siffler une personne)
  • de questions intrusives sur la vie privée
  • de messages (sms, mails, etc) insistants à connotation sexiste ou sexuelle

Une exemple de harcèlement sexuel :

Harcèlement sexuel assimilé

“Il m’a proposé une promotion en échange d’un acte sexuel”


 

Article 222-33. II du Code pénal :
« Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers. »

Dans ce cas, un seul acte suffit. Le caractère répétitif n’est plus indispensable, mais l’unique action du harceleur doit revêtir un certain degré de gravité (pression grave dans le but d’obtenir un acte de nature sexuelle).

Ce sont bien les effets du comportement sur la victime qui caractérise le harcèlement sexuel et non les intentions du harceleur !

Agression sexuelle

"Il m'a touché la poitrine"
"Elle m'a volontairement effleuré les cuisses"
 

Article 222-22 du Code pénal :
« Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » La jurisprudence précise « les atteintes sexuelles » : il peut s’agir de caresses ou d’attouchements de nature sexuelle sur une des cinq parties du corps suivantes : les seins, les fesses, la bouche, le sexe et les cuisses.

Article 222-22-2 du Code pénal :
« Constitue également une agression sexuelle, le fait de contraindre une personne par la violence, la menace ou la surprise à se livrer à des activités sexuelles avec un tiers. »

Viol

"Il m'a obligé à avoir un rapport sexuel avec lui"
 

Article 222-23 du Code pénal :
« Tout acte de pénétration sexuelle*, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. »

*pénétration buccale, vaginale, anale, par le sexe, par le doigt, par un objet.
 

Il n’est pas nécessaire que l’auteur ou l'autrice ait usé de force physique ou d’autres formes de contraintes pour qualifier le viol. Le simple fait que la victime n’ait pas donné son accord suffit.
Les peines encourues par les auteurs de viols sont de 15 ans, mais peuvent se prolonger jusqu’à 20 ans en cas de circonstances aggravantes.
Quelques exemples de circonstances aggravantes :

  • L’auteur des faits a autorité sur la victime (supérieur-e hiérarchique, enseignant-e-s, etc.)
  • Le viol a été commis en raison de l’identité ou l’orientation sexuelle de la victime
  • L’auteur ou l'autrice a administré des drogues à la victime
  • La victime était particulièrement vulnérable (femmes enceintes, personnes en situation de handicap)
  • Le viol a été commis par plusieurs personnes agissant comme auteurs autrices ou complices
     
   

Certaines violences sexistes et sexuelles apparaissent majoritairement dans la sphère privée. C’est le cas des violences conjugales, des mariages forcés, ou des mutilations sexuelles. Si vous souhaitez davantage d’informations à ce sujet, vous pouvez vous référer au site du gouvernement:

Vous êtes victime ou témoin d’une ou plusieurs de ces violences ? Vous pouvez demander de l’aide [INSÉRER LIEN VERS : RUBRIQUE 5 : VICTIME, TÉMOIN]

 

2.3 Séduction ? Harcèlement ? Comment être sûr-e de faire la différence ?


La frontière entre la séduction et le harcèlement sexuel peut parfois être difficile à identifier. Alors comment différencier les deux ?

Contrairement à n’importe quelles situations de séduction, le harcèlement sexuel a des effets négatifs sur la victime. Ces conséquences négatives sont d’ailleurs ce qui caractérise l’acte de harcèlement, indépendamment des intentions du harceleur.
 

Les situations de séduction sont consenties tandis que celles de harcèlement ne le sont pas. Dans le harcèlement, ou dans d’autres formes de violences, il existe souvent un rapport de domination de l’agresseur sur la victime.
 
La notion de consentement est donc l’élément clé.
 
Il correspond au fait de donner son accord en toute liberté. Il ne se limite pas au simple fait de dire non. Un acte obtenu d’une personne sous la contrainte, la menace, ou la surprise n’a donc pas été consenti. C’est également le cas lorsque la personne n’est pas en capacité d’exprimer un refus du fait d’une situation de vulnérabilité.
« la menace » désigne des situations dans lesquelles la victime craint des ennuis personnels ou professionnels.
« la contrainte » sous-entend des pressions physiques ou morales.
« la surprise » correspond à des moments où la victime n’a pas pu anticiper les comportements de l’agresseur.
“ les situations de vulnérabilité” sont par exemple des moments de perte ou d’altération de la conscience (malaise, prise de substance, etc.), mais peuvent également désigner certaines situations de handicap. Les personnes en situation de handicap sont d’ailleurs plus exposées aux violences sexistes et sexuelles. Cf Etude sur la vulnérabilité des femmes autistes

“C’était en soirée d’intégration. Je me suis réveillée déshabillée et je ne me rappelle de rien”
“Je ne l’ai pas entendu rentrer dans mon bureau et il m’a touché la poitrine par surprise”
“Mon tuteur de stage a essayé de m’embrasser. Lorsque je l’ai repoussé, il m’a menacé de faire une mauvaise évaluation de mon stage”
“Il m’a étreinte alors que je ne lui ai dit que je ne voulais pas”

2.4 Qui sont les victimes de violences

Les victimes de violences sexistes et sexuelles sont majoritairement des femmes. Toutefois, tout le monde peut être victime de violences sexistes et sexuelles, et ce peu importe le sexe, l’âge, le milieu socio-culturel ou l’orientation sexuelle. Les hommes représentent par exemple 30% des victimes de violences sexistes et sexuelles

2.5 Tester mes connaissances sur les violences sexistes et sexuelles

3. Dans quels contextes se manifestent les violences sexistes et sexuelles ?


Les violences sexistes et sexuelles ne résultent pas seulement d’une interaction entre plusieurs individus mais dépendent aussi des caractéristiques de l’environnement. Au sein d’organisations telles que l’UCA, de nombreux facteurs peuvent favoriser l'apparition et le maintien de ces violences.

3.1 Quels sont les principaux facteurs de risques dans les organisations ?

Une ambiance générale sexiste:

Un climat sexiste en entreprise ou dans les établissements d’enseignement contribue à banaliser les violences sexistes et sexuelles et constitue donc leur porte d’entrée principale.

Les milieux dans lesquels les propos sexistes sont les plus courants sont en effet davantage concernés par les violences sexistes et sexuelles. Ce sont souvent ceux dans lesquels la hiérarchie est peu engagée sur cette problématique et/ou lorsqu’il existe de fortes disparités entre les femmes et les hommes.

Une absence ou une faible mixité dans certaines composantes ou postes

Les disparités femmes/hommes favorisent l’apparition des violences par divers mécanismes. Dans les représentations collectives, certaines catégories de postes ou filières correspondent plus aux caractéristiques présumées des femmes ou des hommes. Ces stéréotypes, profondément ancrés dans nos sociétés, ont un impact direct sur la configuration du monde du travail actuel : plus de femmes dans certains secteurs, plus d’hommes dans d’autres. [INSÉRER UN LIEN VERS : violences sexistes et sexuelles, facteurs de maintien d' inégalité de genre ?)
Les individus occupant des postes ou évoluant dans des secteurs traditionnellement associés au sexe opposé deviennent plus visibles et se trouvent donc plus facilement exposés au sexisme et aux violences.

Il est alors important d’être particulièrement vigilant à ces phénomènes lorsqu’il existe des disparités entre les femmes et les hommes en termes d’effectifs ou de traitements. Cela peut se traduire par d’inégales répartitions dans les postes, ou bien par une forte prédominance de l’un des sexes dans une composante.

Les caractéristiques de certains postes

Certaines conditions de travail exposent plus facilement les individus aux violences sexistes et sexuelles :

  • la précarité de l’emploi (contrat précaire, promotion ou obtention d’un diplôme fortement dépendant d’une personne, etc.)
  • l’isolement (horaire décalé, travail de nuit, travail en site distant, etc.)
  • le manque d’autonomie dans le travail ou une forte dépendance à une personne (un-e responsable, un-e enseignant-e)
  • le fait d’être au contact du public

Certains de ces facteurs de risque peuvent concerner les étudiant-e-s dans le cadre de leurs études.

3.2 La prévention des violences passe par l’engagement et les actions concrètes de l’entreprise

La politique portée et appliquée par la hiérarchie d’une entreprise joue un rôle fort dans la prévention des violences. Les actions qui en découlent, comme les actions de formation ou de communication, vont contribuer à instaurer un climat d’entreprise non sexiste auquel les individus vont avoir tendance à se conformer, en adoptant des comportements non sexistes. Il est donc important d’appliquer une politique de “tolérance zéro” face au sexisme et aux violences, en soulignant leur caractère répréhensible et socialement intolérable, par exemple dans le règlement intérieur. En véhiculant cette culture organisationnelle non sexiste, l’entreprise contribue à sensibiliser et modifier les représentations et les comportements.
Cf Indicateur culturel du harcèlement sexuel.

Cet engagement dans la lutte contre le sexisme et les violences sexistes et sexuelles peut se traduire par :

  • l’existence d’un plan d’action pour l’égalité femmes/hommes et la lutte contre les VSS
  • la mise en place de dispositif d’écoute et de recueil des signalements
  • les procédures de protection des victimes et de sanction des auteur-e-s
  • les informations données aux membres du personnel
  • la formation des agent-e-s
  • par la nomination d’un-e chargé-e d’égalité et de référent-e-s.

3.3 Se former pour reconnaître, prévenir et lutter contre les violences :

L’université Clermont Auvergne  dispense des modules de formations sur les violences sexistes et sexuelles. S’ils vous intéressent, vous pouvez vous référer au service formation de la DRH.

Si vous souhaitez participer à des formations sur la thématiques des violences sexistes et sexuelles, voici quelques organismes et ressources qui dispensent des formations sur cette thématique:
https://www.noustoutes.org/inscription-formations/
https://www.avft.org/seformer/
https://www.anact.fr/ressources-prevention-sexisme-travail

4. Victimes ou témoins: comment aider et être aider

4.1 Je suis la victime : Comment me défendre ?


Modèle de courrier de signalement 

La courte vidéo ci-dessous donne quelques conseils pour vous défendre face à une situation de violences sexistes et sexuelles au travail :


Draw my news

Le dépôt de plainte ?


Olivier d'Ardalhon de Miramon

4.2 Je suis témoins : signaler, comprendre, soutenir et orienter une victime


Vous pouvez aider à protéger les victimes
Si vous avez été ou êtes témoin de violences sexistes et sexuelles, il vous est possible d’aider la victime en lui apportant votre soutien et en signalant les faits.
Une victime de violences sexistes et sexuelles peut rencontrer de nombreuses difficultés pour parler de ce qu’elle vit (manque d’informations, peur des conséquences, peur d’être jugée, etc.). Ces violences, parfois difficiles à déceler par l’entourage, peuvent alors s’aggraver et s’installer sur le long terme, affectant parfois profondément et durablement la victime.

Si des situations vous semblent anormales, n’hésitez pas à en parler: Signaler les faits
 


Modèle de courrier de signalement 


Comprendre, soutenir et orienter les victime de VSS

Selon le rapport du Haut Conseil de l’Égalité (2019), le nombre de femmes subissant des violences sexistes et sexuelles au travail serait approximativement de 55%. Pourtant, et toujours selon la même enquête, seulement 9 à 16% d’entre elles en parlent à des personnes susceptibles de faire changer les choses en interne. De nombreux facteurs peuvent expliquer ces chiffres.

  • L'impression que cela ne va rien changer:
Les victimes peuvent avoir le sentiment que leur démarche de signalement ne changera pas la situation. Ce phénomène dépend en grande partie de la minimisation de la gravité des faits de la part des personnes à qui elle en parle.
  • La peur des conséquences:
Une victime de violences sexistes et sexuelles peut avoir peur des conséquences réelles ou supposées que pourraient avoir le signalement des violences qu’elle subit. Ces conséquences peuvent être d’ordre professionnel, social et financier : mutation, représailles de l'auteur, refus de promotion, dégradation des rapports sociaux au travail, etc. Il est à noter que les situations de violences sexistes et sexuelles se règlent souvent au détriment de la victime.
  • La peur du regard des autres:
La peur du regard des autres, ou la peur du jugement, est également un frein à la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles. Elles peuvent se sentir en partie responsable de la situation, ressentir de la honte et de la culpabilité. Ces mécanismes peuvent être renforcés si l’attitude ou le discours des témoins ou des personnes à qui elles se confient tendent à minimiser la gravité des faits. Lorsque vous êtes face à une victime de violences, il est donc indispensable de lui montrer que vous la croyez, que vous la soutenez, et qu’elle n’est pas responsable. Ce n’est pas toujours facile à faire. Dans la vidéo suivante, Inés Hercovich, sociologue et psychologue sociale travaillant sur la thématiques des violences sexuelles, explique pourquoi.

Inès Hercovich

  • Le manque d'information:
Le signalement d’une situation de violences est une démarche qui peut paraître très difficile et coûteuse pour une victime, d'autant plus si elle ne sait pas à qui s’adresser. En plus de retarder le signalement, ce manque d’informations peut jouer sur la perception du bien fondé et de l’utilité d’une telle démarche qui peut alors paraître bien plus inefficace et complexe qu’elle ne l’est en réalité. Dans ces conditions, une victime peut la retarder, l’abandonner, voire ne pas l’entamer du tout .

Dans une démarche de signalement, savoir à qui s’adresser ne suffit pas. Il faut avant tout savoir quoi signaler. Cela implique qu’une victime ait les informations nécessaires pour reconnaître la nature des violences vécues sans en minimiser la gravité. Aider une victime à nommer les violences subies peut l’aider à prendre conscience de l’anormalité de la situation et de la nécessité d’en parler.

 

4.3 Victimes et témoins des violences sexistes et sexuelles, qui contacter pour aider et être aidé ?

Numéros d'urgence :

Violences femmes infos

Police secours

Numéro d’urgence européen

Numéro d’urgence pour sourds et malentendants

Pompier

Samu

3919

17

112

114

18

15
 

La cellule Alex d'écoute et d'accompagnement aux victimes et témoins des violences sexistes, sexuelles et discriminatoires, pour les étudiants, étudiantes ou personnel exerçant à  l'université ou au sein du Crous.
07 88 91 82 86 : du lundi au vendredi de 9h à 17h
cellule-vssdiscriminations@uca.fr

5. Les violences Conjugales

Les violences conjugales : comment aider ?

Le réseau OneInThreeWomen est le premier réseau européen d'entreprises engagées contre les Violences Faites aux Femmes. Co-fondé en 2018 par la Fondation Agir Contre l’Exclusion et la Fondation Kering, il regroupe aujourd’hui : la Fondation Kering, L’Oréal, Korian, BNP Paribas, Carrefour, le Fonds de Solidarité OuiCare, SNCF, Publicis, Pwc, l’Epnak et l'AFD. 

Ils réalisent le Postcast One in three women, où une femme met en lumière le rôle de l'entreprise dans l'accompagnement des femmes victimes de violences conjugales. Qu'il s'agisse des managers ou des collègues, chacun.e peut jouer un rôle dans le parcours de sortie des violences.
Pour en savoir plus : OneInThreeWomen (OITW) – Fondation Agir Contre l'Exclusion (fondationface.org)